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Horaires d'ouverture jusqu'au 03 février : 10h - 17h
26 Rue Ferruce - 84000 Avignon
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L’histoire du Pont d’Avignon

Au temps de la commune, vers 1129, la prospérité étant revenue avec la fin des invasions, les constructions furent facilitées et c’est en 1177 que l’on commence à ériger un pont sur le Rhône. Il fut pour les pèlerins et les commerçants qui fréquentaient les routes d’Espagne et d’Italie d’une très grande commodité.

Tout le monde connaît la délicieuse légende de sa construction : un jeune pâtre du Vivarais âgé de 14 ou 15 ans, appelé Bénezet, pris l’initiative « sous l’inspiration divine » de construire un pont sur le Rhône. Les autorités avignonnaises tant civiles que religieuses, incrédules, se moquèrent de lui : c’est alors qu’il porta lui-même où il désirait le départ du pont une pierre que plusieurs dizaines d’hommes réunis n’auraient pu soulever…

L’histoire est peut-être un peu différente…

Bénezet fut en fait à l’origine de la fondation d’un ordre de frères pontifes dont la tâche était de quêter pour construire des ponts, une construction considérée au Moyen-âge comme une oeuvre pieuse. De bois, de pierre ou de bateaux, ces ouvrages demeuraient toutefois exceptionnels car chacun représentait une victoire extrêmement difficile sur l’impétuosité des eaux, souvent vouée à l’anéantissement.

Au 12e siècle, construire un pont sur le Rhône était un extraordinaire défi : seul ouvrage entre Lyon et la mer, il détournait d’Arles, privée de son pont antique, le trafic de l’ancienne voie Domitienne. Il devait assurer le passage des marchands et des pèlerins qui , par le col des Alpes, se rendaient en Italie ou en revenaient. Il accrut ainsi l’importance de la Ville d’Avignon, qui devint une ville de commerce et de passage plus cosmopolite. Dès 1187, une obole fut prélevée aux 30.000 usagers qui le franchissaient chaque année !

Mais l’entretien du pont représentait un gouffre financier pour l’Oeuvre qui en avait la charge. Malgré ses ressources, à chaque fois que le pont était détruit par la violence du Rhône (on recense pas moins de 9 crues dévastatrices au XIVe siècle !), l’œuvre devait engager de lourds travaux de réparation, qui impactait durement le budget de la Ville.

A l’origine, le pont d’Avignon comprenait 22 arches, réparties sur 915 mètres jusqu’à la rive opposée du fleuve. Conçu selon un angle obtus du côté du courant pour résister à la violence du fleuve, son dessin n’était pas sans rappeler les ponts romains et en particulier le Pont du Gard. Chacune de ses arches est alors formée de quatre voussoirs indépendants, réunis par l’ensemble du tablier au sommet. Au fil des siècles, on adapta régulièrement les techniques de construction pour tenter de renforcer la solidité de l’ouvrage. Finalement, devant les difficultés de son entretien, on cessa de le restaurer à partir de 1660 environ.

Dès lors, le pont Saint Bénezet étant devenu inutilisable, on ne traversa plus le Rhône qu’en bateau : il faudra attendre 1806 pour qu’un nouvel ouvrage soit construit, lui-même maintes fois affecté par les crues du Rhône après son ouverture complète à la circulation en 1819.L’actuel Pont Daladier, ouvrage en béton, date de 1972, et le pont de l’Europe de 1975.

La chapelle basse est le seul vestige du temps de Bénezet, et fut édifiée pour abriter son tombeau afin que les pèlerins puissent venir s’y recueillir lors de leur passage à Avignon. Les reliques de Saint Bénezet, déplacées en 1670 au couvent des Célestins puis dispersées sous la Restauration, sont désormais préservées à la Collégiale Saint Didier d’Avignon et à la Cathédrale Notre-Dame des Doms.

Lorsque la papauté s’installe à Avignon au XIVe siècle, la population passe de 5000 à 30.000 habitants. De nouveaux remparts sont construits, auxquels s’adosse le pont à sa 22e arche., point d’entrée stratégique de la Ville : une porte fortifiée est alors construite par Urbain V en 1366, avant que Grégoire XI ne choisisse de renforcer encore l’ouvrage en 1382 en édifiant une nouvelle tour, à son tour détruite lors de la guerre des catalans (1410 – 1411).

Lorsque les finances de la ville le permirent, la tour fut reconstruite sur la base des mêmes fondations, à partir de 1414. Faisant face à la tour Philippe le Bel, la tour est composée de 2 étages sur un niveau de cave, et fut rehaussé d’un nouvel étage en 1490.

Sources : « … Et le pâtre Bénezet fit un pont pour Avignon – Renée Lefranc – 2000 / éditions RMG Palais des Papes